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On chercha à greffer sur le meilleur de la tradition médicale chinoise des éléments de médecine moderne. L'institutionnalisation de son enseignement se fit par l'ouverture d'académies de 1956 à 1964, et la publication de son manuel de référence Zhongyixue gailun en 1958. La standardisation de la MTC58 consista dans un premier temps à enseigner aux médecins chinois les bases de l'hygiène et de la médecine occidentale (1950-1953), puis d'obliger les praticiens de la médecine occidentale à apprendre la médecine chinoise (1954-1958). Actuellement, selon Hor Ting60 (2006), la pratique médicale relève à 70 % de la médecine occidentale, à 25 % de la MTC et 5 % pour les autres (principalement la médecine traditionnelle Tibétaine). La politique d'unification des deux approches se poursuit. Au niveau de la formation, même dans les universités de médecine traditionnelle (zhongyi xueyuan), plus de la moitié des cours sont des cours de médecine moderne (anatomie, physiologie, biochimie, immunologie, diagnostic par imagerie médicale, etc.). En Chine, l'enseignement de la médecine chinoise passe par une étude approfondie des textes fondateurs de cette discipline. Selon le professeur Éric Marié61 « la médecine chinoise est principalement définie par ses textes fondateurs, auxquels tous les praticiens et chercheurs se réfèrent encore aujourd'hui, et par un très grand nombre d'ouvrages classiques rédigés au cours de deux millénaires qui confèrent à cette discipline une structure théorique très élaborée de « médecine savante ».
Sources : fr.wikipedia.org
La « tradition inventée », suivant le terme de Hsu, de la MTC est une tentative de rationaliser l'ancienne médecine chinoise, en lui greffant des éléments de médecine moderne, et en légitimant son appellation de médecine "chinoise" en posant comme principe qu'elle s'inscrit dans la continuité avec le passé. Car conformément à la tradition confucéenne, les penseurs chinois cherchent toujours à s'inscrire dans des lignées les plus longues possibles, fussent-elles mythiques (comme celle de l'empereur Shennong). Toutefois, le débat sur le caractère scientifique de la MTC a rebondi ces dernières années, avec l'appel en 2006 du professeur de l'université de Zhongnan en Chine, Zhang Gongyao 张功耀, à signer en ligne une pétition demandant l'arrêt progressif du financement public de la MTC62. Les signataires considèrent en effet que cette discipline est sans fondement scientifique. L'appel a été relayé par le physicien diplômé de l'université du Michigan, Fang Zhouzi 方舟子, qui a publié en 2007 un ouvrage analysant la MTC comme une pseudo-science63. D'éminents philosophes, comme Fang Keli, ont répondu aux critiques en considérant la MTC comme un patrimoine culturel de la Chine à préserver. Et c'est finalement le gouvernement qui a clos le débat en fermant le site de la pétition et en réaffirmant son soutien à la MTC.
Sources : fr.wikipedia.org
==== L'Inde ==== En Inde, le plus ancien traité de médecine relevant du canon védique est le Caraka samhita चरक संहिता attribué à Caraka, médecin à la cour de l'empereur Kanishka, au IIe siècle. C'est le texte fondateur de l'Ayurveda64 आयुर्वेद qui serait un remaniement de textes beaucoup plus anciens. Reposant sur des idées de la philosophie Samkhya, le corps humain est composé des mêmes éléments que l'univers : la terre, l'eau, le feu, l'air et l'espace, les cinq éléments grossiers (bhuta). Le Caraka samhita en s'appuyant sur les relations fondamentales unissant les êtres vivants et l'univers, cherche des causes naturelles plutôt que surnaturelles aux maladies et présente des éléments de pathologie, d'anatomie et de thérapeutique. Dans la septième section (Kalpa), il donne la préparation et l'usage des drogues d'origine végétale, animale, minérale et métallique. Durant leur longue domination coloniale (du XVIIIe siècle à 1947), les Britanniques vont développer l'action sanitaire et la diffusion de la médecine moderne en Inde, en luttant contre les épidémies (choléra, peste, variole) et en créant les premiers hôpitaux et les premiers établissements d'enseignement médical64. En 1822, est fondée à Calcutta, une Native Medical Institution offrant un enseignement en langue vernaculaire de l'Ayurveda et de l' Unani tibb de concert avec la médecine européenne. Des traités l'anatomie, médecine et chirurgie européenne sont traduits.
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Mais après 1835, les Britanniques cessent de financer l'ayurvéda et adoptent une nouvelle politique de formation des jeunes indiens à la médecine moderne, quelles que soient leur caste et leur religion. La renaissance de l'ayurveda, sera favorisée au XIXe siècle puis XXe siècle par un certain nombre d'initiatives privées qui aboutirent à la création d'institutions et d'associations, comme la All India Ayurveda en 1907. En 1924-1925, le gouvernement de Madras fonde la Government School of Indian Medicine. En 1970, l' Indian Medical Central Council Act a visé à standardiser la qualification des pratiquants de l'ayurveda et a accrédité des établissements d'enseignement. Il y aurait en Inde en 2002, plus de 12 000 établissements d'enseignement et d'hôpitaux ayurvédiques et environ 80 % de la population qui utiliserait l'ayurveda et d'autres médecines traditionnelles65. La médecine moderne onéreuse, reste encore peu accessible. Il n'a pas encore été possible de définir des normes d'évaluation et de normalisation des drogues ayurvédiques66. L'approche moderne d'isolement des principes actifs des plantes est en contradiction directe avec le concept traditionnel d'utilisation de drogues brutes combinées. La pratique médicale ayurvédique oscille entre ces deux extrêmes que sont l'ayurvéda pur et l'utilisation, sans formation, de médicaments modernes.
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